GÉRER LES ESPACES TERRESTRES
Séquence 2 : LES ESPACES
EXPOSÉS AUX RISQUES MAJEURS
Comment gérer les espaces soumis aux
risques ? A quelles inégalités et conséquences les sociétés doivent-elles
faire face ?
Introduction : Qu’est-ce que le risque ?
Le risque est la mise en relation d’un aléa
[Phénomène imprévisible, naturel (Avalanche, crue d’un fleuve…) ou
technologique (Explosion d’une usine…)] et de la vulnérabilité d’une
société (Population en zone inondable, dans un couloir d’avalanche…). Quand le
risque se réalise, on parle de catastrophe.
Etude
de cas Le Japon : Faire face aux risques après Fukushima
A.
Pourquoi le Japon est-il inégalement exposé et vulnérable ?
1.
Des aléas d’origine naturelle puissants et varies
peuvent affecter le territoire japonais. Certains sont d’origine tectonique
(volcans, séismes, tsunamis) et d’autres sont d’origine climatique (cyclones).
En raison du niveau de
développement du pays et des choix énergétiques opères par le Japon, le pays
peut également être affecte par des aléas technologiques comme les éventuels
problèmes autour des centrales nucléaires.
2.
Les régions du territoire japonais particulièrement
exposées aux aléas se concentrent dans la partie Sud de l’ile principale Honshu
et notamment dans la mégalopole japonaise. C’est ici, notamment, que les
densités de population sont les plus importantes. Toutefois, à une autre
échelle, la population japonaise est inégalement exposée aux aléas car ce sont
surtout les habitants qui vivent sur le littoral et dans les métropoles les
plus exposés (Tokyo, Osaka-Kobe) qui sont le plus concernés par les aléas.
3.
La vulnérabilité humaine est plus faible au Japon car,
comme les habitants sont globalement mieux préparés aux risques, leur
exposition face aux aléas est moins importante que dans d’autres Etats et les
catastrophes entrainent généralement ≪
peu de morts ≫
(15 000 morts après le tsunami de 2011).
Par contre, en raison de
l’importance et de la valeur des éléments exposés notamment dans la mégalopole
japonaise (industries, activités de haute technologie, infrastructures de
transport…), la vulnérabilité économique est bien plus élevée dans un pays qui
est encore la troisième puissance économique mondiale.
4. La
ville de Tokyo est particulièrement vulnérable aux risques car la capitale du
Japon qui compte 37 millions d’habitants regroupe des activités de commandement
majeures pour le pays et pour le monde et elle est située sur le littoral Sud
de l’ile d’Honshu particulièrement exposé aux cyclones et aux séismes.
Toutefois, cette vulnérabilité est inégale car, à l’intérieur du tissu urbain,
s’opposent les nouveaux quartiers qui intègrent les règles antisismiques au ≪
vieux Tokyo ≫
constitue de petites maisons davantage exposées aux risques d’incendies.
B.
Comment les Japonais réduisent-ils la vulnérabilité ?
1. De nombreuses mesures sont
mises en place au Japon pour prévoir les risques même si, compte tenu de la
nature spécifique des aléas, la prévision reste difficile. Toutefois, la
surveillance des failles sismiques qui traversent le pays et les centres de
surveillance volcanique montrent que les principaux aléas du pays sont connus
et leur activité est suivie régulièrement par de nombreux scientifiques
confirmant le niveau de développement très élevé du pays.
2. Les mesures prises pour
limiter la vulnérabilité et les effets des catastrophes sont variées. Elles
visent à agir directement sur les aléas avec, par exemple, la fermeture de
centrales nucléaires, après la catastrophe de 2011. D’autres mesures visent à
renforcer le bâti et repenser l’aménagement du territoire. Ainsi, la prise en
compte des normes parasismiques dans les constructions des grandes villes du
Japon ou l’aménagement de voies d’évacuation et des centres de repli
participent également à la baisse de la vulnérabilité. Enfin, l’éducation de la
population et notamment des plus jeunes vise à limiter les bilans humains lors
des catastrophes avec la mise en place d’exercice dans les écoles.
3. La mémoire des catastrophes
est un élément participant à la gestion des risques qui vise à rappeler les
catastrophes passées dans le bâti des villes qui ont été touchées. C’est le cas
notamment à Kobé qui a inauguré, en 2002, un mémorial du séisme qui avait
coûté, en 1995, la vie à plus de 6 400 personnes. Un même mémorial existe à
Tokyo qui rappelle les conséquences du séisme de 1923.
4. De nombreux acteurs
participent à la gestion des risques au Japon. L’État japonais et les
scientifiques travaillent dans la prévision des risques et dans leur prévention
avec la mise en place de scénarios pour évaluer les possibles impacts des
catastrophes. Les collectivités territoriales, et notamment les communes,
réfléchissent également à la manière dont l’aménagement du territoire peut être
repensé pour minimiser les impacts des catastrophes. Enfin, certains ministères
comme celui de l’Éducation nationale participent à l’éducation aux risques des
plus jeunes.
I.
A quels aléas les sociétés sont-elles confrontées ?
A.
Les aléas naturels majeurs
1.
Les risques climatiques aggravés par l’Homme
Ils concernent les régions intertropicales qui
subissent chaque année le passage de cyclones pouvant faire des dégâts
considérables : Nouvelle-Orléans en 2005.
Dans les régions tempérées, les inondations, les
vagues de froid, la neige, la sécheresse, les incendies de forêt sont des
catastrophes climatiques plus localisées
Aujourd’hui, le réchauffement planétaire inquiète.
Même s’il est difficile de prévoir l’intensité et la vitesse du phénomène, les
conséquences pourraient être nombreuses : Fonte des calottes glaciaires,
montée eaux, intensification des cyclones. Ceci serait dramatique pour les
régions comme le golfe du Bengale en Inde : Disparition zones agricoles.
L’installation humaine sur des sites vulnérables est
aussi en cause : Lit majeur du fleuve dans la vallée du Rhône.
2.
Les aléas sismiques et volcaniques
Les séismes et les éruptions volcaniques sont liés
aux mouvements de l’écorce terrestre : ceinture de feu du pacifique,
écharpe Méditerranée Asie et rift africain Ils sont à l’origine des
catastrophes naturelles les plus meurtrières (50% des décès liés à des
catastrophes naturelles depuis 30 ans), 1 milliard d’êtres humains sont
confrontés à ces risques qui concernent des zones très densément peuplées comme
le Japon, la Californie. Ils
restent imprévisibles et peuvent avoir des conséquences graves : tsunami,
glissement terrain
B.
Les risques liés aux activités humaines (= risques anthropiques)
1.
Les aléas industriels et technologiques
Depuis 2 siècles, les transports, l’industrialisation
et les progrès technologiques ont permis le développement mais ont fait
apparaître des risques nouveaux. Dans le domaine énergétique, les lieux de
production (puits de pétrole), de transformation (Raffineries), les moyens de
transport (Supertankers) constituent des dangers pour les populations, les
infrastructures et l’environnement. Le nucléaire et la chimie sont
potentiellement dangereux (AZF en 2001 à Toulouse, Fukushima en 2011))
Une réglementation publique existe en Europe pour
prévenir ces risques (Directive SEVESO) mais la gestion mondiale reste
difficile et les accidents sont inévitables.
2.
Les risques sanitaires
L’accélération de la circulation des biens et des
personnes à l’échelle planétaire est un facteur aggravant des épidémies. On
parle de pandémie quand la diffusion est mondiale comme pour le SIDA.
II.
Pourquoi le Nord et le Sud ne sont-ils pas égaux face aux risques ?
A.
Dans les pays Nord : Gestion et prévention des risques
- La prévision, c'est à dire prévoir l'aléa, est faite
quasi exclusivement par les pays Nord (Exemples : Surveillance des tsunamis
dans le Pacifique, image satellite pour les cyclones). Ils préviennent les pays
Sud en cas de risque.
- Au nord, les politiques de prévention tentent de
limiter la vulnérabilité des populations. Il s’agit de former les gens (Rôle de
l'école) et de les informer (Radio, télévision). Exemple : En Floride, pendant
la période des cyclones, les alertes météo coupent les programmes télé. On peut
aussi diminuer la vulnérabilité grâce à la technique comme avec les
constructions parasismiques.
- Une fois que la catastrophe s'est produite, on va
organiser les secours (Pompiers, armée si nécessaire), reloger les victimes,
les indemniser (Assurance ou l'état) et enfin reconstruire.
Conclusion : Le nombre de victimes est assez faible mais le
coût des dommages est très élevé.
B.
Dans les pays Sud : Des populations vulnérables
- Au sud, pas
ou peu de prévision, elle dépend du nord.
- La prévention est très limitée : Scolarisation
insuffisante, manque de médias. Exemples : Lors du tsunami de 2004 en
Indonésie, impossibilité matérielle de prévenir la population. L'urbanisation
galopante aggrave la catastrophe (Maisons fragiles et pas de voies réservées au
secours).
- Enfin les secours sont lents et peu efficaces, ils
dépendent surtout de l'aide internationale. Les systèmes d’indemnisation
n'existent pas et là aussi ce sont les dons qui peuvent aider. Les dons sont
très inégaux selon les catastrophes. (Des millions de dollars lors du tsunami
de 2004, rien pour un séisme en Iran quelques semaines plus tard).
Conclusion : Au sud, beaucoup de victime (98% des victimes de
catastrophes naturelles dans le monde) mais une valeur des dégâts qui est
moindre.
Conclusion : Les
risques et les catastrophes ne connaissent pas de frontières. Exemple :
Tchernobyl en 1986 ou le réchauffement climatique actuel. Cependant la gestion
mondiale de ces risques reste aujourd’hui difficile.
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