samedi 18 janvier 2014

SOCIETES ET CULTURES URBAINES





 

 
Comment l’essor des villes, entre le XI° et le XIII° siècle, donne-t-il naissance à une culture dynamique et originale ?




 

 

Introduction : Le renouveau qui caractérise la période du XI° au XIII° siècle dans le domaine religieux peut également se constater dans d’autres domaines.
Le monde des villes reste très minoritaire mais il s’y produit des évolutions importantes.


 
I. Deux exemples de villes européennes

A. Tolède, une ville carrefour entre différentes communautés religieuses





Tolède est une ville du centre de l’Espagne datant de l’Antiquité. Entre le XI° et le XIII siècle, sa particularité est de mettre en relation dans un même espace, les 3 religions monothéistes : Christianisme, Islam et Judaïsme.
Le contexte politique est complexe. Occupée par les Arabes depuis le VIII° siècle, elle est reprise par le roi chrétien de Castille en 1085, dans le cadre de la Reconquista, c'est-à-dire la reconquête des territoires musulmans de la péninsule ibérique. D’une manière plus large, les XII° et XIII° siècles correspondent à la période des croisades qui voient une tentative de conquête de la « terre sainte » par les Chrétiens.
Dans ce contexte, on peut se demander comment cohabitent les différentes communautés religieuses à Tolède ?
Pour répondre à cette problématique, nous verrons qu’elles partagent un même espace urbain, avec de nombreux échanges intellectuels, mais que la Reconquista a une incidence sur cet équilibre.



1. Les communautés partagent un même espace urbain
- Présentation des différentes communautés
- Partage de l’espace urbain mais des quartiers séparés


2. Elles mènent des échanges intellectuels
- Les échanges dans les différents domaines
- Le syncrétisme

 

3. Des minorités religieuses cohabitent mais l’équilibre est fragile
- Les différents lieux de culte mais une multiplication des églises
- Des différences de statut

En conclusion, Tolède est un des lieux de contact entre les 3 religions du bassin méditerranéen. Cependant, l’équilibre fragile est rompu par la reconquête chrétienne qui va chasser les Juifs. Les heurts se multiplient aux XII° et XIII siècles.




 
 




B. Bruges, une ville marchande de la Hanse





 
La ville de Bruges se situe dans les Flandres. Au XIII° siècle, avec ses 50 000 habitants, c’est l’un des plus important centre commercial d’Europe. En effet, ses liens sont importants avec l’Europe du Nord, mais également avec les cités méditerranéennes ouvertes sur l’Orient comme Venise.
Dans ce contexte, on peut se demander comment se manifeste la puissance de cette cité ?
Son développement économique a des répercussions sur son autonomie politique et sur la place qu’elle occupe sur son territoire.



1. La puissance économique
- Une production économique reposant sur le textile
- L’importance du port
- Les échanges et l’appartenance au réseau de la Hanse


2. Une puissance politique
- Bourgeoisie d’affaire prend de l’importance et obtient une autonomie politique
- Beffroi, sceau de la ville, symbole de la puissance et de l’autonomie municipale


3. Une puissance urbaine
- Croissance de la ville à mesure que sa puissance politique et économique se développe
- Rôle défensif avec les remparts même si ouverte

En conclusion, Bruges, ville nouvelle au Moyen-âge tient une place économique essentielle, acquiert une autonomie politique et devient un centre de population important.
D’autre part, son ouverture sur l’océan atlantique sera un atout majeur après la découverte de l’Amérique.

C.  Qu’est-ce qui définit la ville au Moyen-âge ?




- Souvent entourée d’enceintes (mais pas systématiquement), les villes qui prennent leur essor sont plus ou moins peuplées, anciennes comme Tolède ou plus récente comme Bruges. Les paysages qu’elles offrent sont évidemment différents.

- Par contre, elles ont en commun de posséder influence et pouvoir sur un territoire plus ou moins vaste, même si leurs fonctions sont parfois très différentes.
Pour Tolède, la fonction culturelle est très développée. La présence de civilisations différentes en fait le plus grand centre de traduction européen et méditerranéen. Les autres fonctions ne sont pas absentes (Commerce) pour autant.
Concernant Bruges, la fonction commerciale et artisanale est forte. Les échanges sont nombreux avec la mise en place des lettres de change qui permettent des transferts de fonds malgré les monnaies différentes. Sa puissance économique se mesure aussi au niveau européen et est à l’origine de sa puissance politique.




 
II. Quelles sont les manifestations du renouveau urbain en Occident ?

A. Un essor urbain conséquent



- Entre le XI° et le XIII° siècle, la population des villes anciennes augmente, ce qui les oblige à élargir les enceintes en englobant les faubourgs. D’autre part, à partir du XII° siècle des villes nouvelles apparaissent par la volonté des souverains. Ces villes portent souvent le nom de « Villeneuve ».
- Au XIII° siècle, les villes d’Italie du Nord dominent (Milan, 200 000 habitants, Gènes, Venise et Florence, 100 000). La Flandre constitue le second ensemble (Gand et Bruges, 50 000 habitants). Paris (150 000 habitants) ou Londres connaissent aussi une croissance spectaculaire.

 
B. Un essor lié au dynamisme de l’Occident



- L’essor urbain s’explique par les progrès agricoles. Les défrichements des XI°-XIII° siècles ont augmenté les superficies et les progrès techniques augmentent les rendements.
- Le commerce peut donc se développer. Les guildes ou hanses, associations de marchands, apparaissent, de même que les foires, comme celle de Champagne.
- Enfin, l’essor est accru par la présence d’universités (Robert de Sorbon fonde la Sorbonne en 1257) et de sites religieux (Villes de pèlerinage)

C. Des villes qui obtiennent des libertés



- Les villes médiévales dépendent d’autorités différentes : Seigneur, roi, Evêque… qui peuvent chacun prélever un impôt. L’octroi, droit d’entrée des marchandises ou le péage (Pont, porte) sont mal vécu par les commerçants.
- Suite à des révoltes ou des négociations, ils obtiennent des chartes de franchises (Ensemble de privilèges économiques, fiscaux, juridiques accordés par un seigneur à une ville) qui leur permettent souvent de se gouverner elles-mêmes.
- Ce pouvoir communal est exercé par les bourgeois (habitants d’une ville autonome, regroupés en une association, la commune). Ils construisent des monuments symboles de cette autonomie : Palais communaux (Italie du Nord), Beffrois (Europe du Nord p 133)


 
III. Comment s’organisent les sociétés urbaines ?

A. Des élites urbaines et une société très diverse



- Un petit groupe d’hommes détient donc le pouvoir politique et économique. Ce groupe est divers, issu de la noblesse, du clergé (Evêque, responsable d’un ordre mendiant) et des familles marchandes.
- A partir du XII° siècle, les artisans se regroupent dans le cadre des métiers, et s’installent dans des quartiers distincts. On parle de corporations. Elles associent les maîtres, détenteurs d’un savoir-faire et propriétaires d’un atelier, les apprentis, formées et hébergés par les maîtres et des compagnons (ouvriers ayant terminé leur apprentissage mais travaillant encore pour le compte d’un maître). Les corporations fixent les horaires, les salaires, protègent leurs membres de la concurrence et mettent en place un système d’entraide.
- Les villes abritent également des marginaux : Paysans déracinés, travailleurs journaliers. Les lépreux sont parqués aux portes de la ville. Enfin, la ségrégation religieuse est différente selon les villes. Les Juifs sont souvent privés de droit, regroupés dans des quartiers séparés et régulièrement expulsés (A Paris en 1182, ils sont bannis, mais rappelés 17 ans plus tard car participaient à la prospérité de la ville.)

B. Une culture spécifique



- La ville du Moyen-âge ne sépare pas les riches et les pauvres dans des quartiers distincts. La charité est une pratique courante, encouragée par l’Eglise qui fonde les hôpitaux (Accueil des pauvres, des malades et des pèlerins). Les rues, étroites bordées de boutiques empiétant sur la chaussée sont très animées.
- Les villes sont des lieux d’échanges ouverts. La vie s’y concentre autour de la place du marché ou des halles. Lae marché hebdomadaire attire les paysans des campagnes alentours.
- Les villes sont des lieux de divertissement avec des établissements de bains fréquentés par des prostituées. Les tavernes et les auberges sont des lieux de sociabilités, essentiellement pour les hommes.



 

Conclusion : Le monde des villes se développe en Europe entre le XI° et le XIII° siècle. Ce développement est cependant très divers selon les lieux et dans les formes qu’il prend. Une culture spécifique, différente du monde féodal des campagnes voit le jour. Cependant, ce ne sont pas deux mondes séparés, mais au contraire étroitement liés et interdépendants

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